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DÉMARCHE
Les mesures de contrôle, de surveillance et de protection, se développant à grande vitesse, déploient des environnements qui influencent, guident et manipulent nos comportements de manière constante et par conséquent alimentent une paranoïa grandissante. Dans mon travail, j’interroge les limites du contrôle, de la surveillance et de la protection et les frontières entre l’espace privé, l’espace public et l’espace politique. Je tente d’approcher différentes stratégies de leurres afin d’interroger la place de l’individu à l’intérieur d’une réalité construite, programmée ou prescrite « en renvoyant au spectateur des images qui lui révèlent ses conditionnements »*.
Ma pratique artistique est multidisciplinaire et se concentre principalement autour de la conception de prototypes d’abris et de vêtements en tant qu’objets utilitaires qui possèdent les spécificités d’être « déployables », compacts, portables et défensifs. Ces prototypes sont des semblants de protection faussement utiles qui s’inscrivent dans une réflexion qui accentue l’idée d’individualité et de protection en communauté. C’est par des objets qui se fondent aux produits de consommation et leur mise en situation qu’apparaît l’idée d’intrusion dans le réel. Pour promouvoir ces prototypes et soutenir qu’ils appartiennent au monde de la consommation, ceux-ci peuvent être accompagnés d’une multitude de produits dérivés : guide d’utilisation, publicité, vidéo promotionnelle, etc. Ce qui implique que mon travail traverse plusieurs disciplines, dont le design, le marketing et la sociologie. C’est en m’introduisant furtivement dans la réalité (l’espace public) par l’entremise de mes prototypes, que je peux cohabiter ou résister à celle-ci. En occupant un espace public délimité et prédéterminé, l’espace occupé devient alors un espace de réflexion et de confrontation, jouant entre réalité et simulation, face à la prolifération de la culture de la simulation (Disney Land, Las Vegas, Second Life, la télé-réalité, etc.) et de la société de la surveillance.
*Lambert-Cabrejo, Jeanne in FERRER, Mathilde (dir.). 2001. Groupe mouvement tendance de l’art contemporain depuis 1945. Paris : École nationale supérieure des Beaux-Arts, p. 54.
Anne-Marie Ouellet vit et travaille à Montréal. Son travail fut montré lors d’événements et d’expositions individuelles et collectives au Québec et en Allemagne. En 2007, elle a participé à une résidence de création à Strasbourg (FRAC/Alsace). L’artiste a reçu une Bourse du Conseil des Arts du Canada en 2007 et une bourse du Conseil des arts et lettres du Québec en 2008. Elle poursuit actuellement ses recherches dans le cadre du programme de maîtrise en arts visuels et médiatiques.