Marion Prével
Je fabrique des trompes l’œil.
J’aime les penser, les imaginer.
M’arrêter sur un objet, un détail et le réfléchir.
« Le cube » de Sartre .
Je vois un cube, je suppose que s’en est un,
Mais si je déconstruisais les faces cachées,
il n’en resterait que trois.
Qu’y aurait-il derrière ?
Tout est possible, je n’aurais qu’à imaginer.
Donner la possibilité de savourer le même plaisir que le mien.
Si je vous montre ce cube, vous construirez mentalement les faces manquantes,
mais si je vous dit que derrière ces faces visibles, se cache quelque chose d’autre,
tout est permis.
Construire, déconstruire et reconstruire.
Je m’arrête sur un détail,
Mes préférés sont dans les images.
Images projetées, diffusées, photographiées.
J’aime cette surface plane, dans laquelle il faut plonger,
Dans laquelle il y a un espace tridimensionnel.
Je peux même faire côtoyer plusieurs espaces sur une même surface.
Découper, assembler, coller.
Je peux manipuler à ma guise l’espace puisque l’image m’en donne le droit.
Construire l’espace comme l’image nous le montre.
Si deux images se côtoient dans l’écran,
on comprend que l’action se passe au même moment dans deux espaces différents.
Faire plonger dans l’image,
Vous amener à déconstruire cet espace pour le reconstruire dans la réalité.

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« Ceci n’est pas une pipe », Magritte.
Ceci est l’image d’une pipe.
En installant un vidéo projecteur,
son faisceau lumineux allumé sur un carré de papier peint,
j’en suis arrivée au « ceci est une tapisserie ».
On reconnait le dispositif de projection,
automatiquement le contenu de la surface lumineuse est perçu comme une image.
L’image prend le dessus sur le réel.
En reprenant les procédés de la projection,
l’objet réel est déguisé sous les traits de l’image.
Plongeon de l’image dans la réalité.

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Je film une scène en noir et blanc,
pourquoi cette scène ne serait pas elle-même noire et blanche ?
Les images s’éloignent de la réalité et nous arrivons à en faire abstraction,
pourquoi ne pas arracher ses codes pour les appliquer à l’espace réel ?
Introduire l’espace de l’image dans l’espace de l’installation,
mais aussi incorporer le trompe l’oeil à la réalité par la narration.
Rendre possible une cituation, une scène.
Il fallait que cette cituation ait une chance d’avoir eue lieu.
Pourquoi quelqun maquillerait-il tout un espace de telle manière?
Voilà un autre de ces plaisirs,
j’ai mon expliquation, elle construit les mises en scènes,
elle reste pourtant discrète, cachée.
Laisser des vides.
Vous laissez la liberté d’interprétation, de projection.
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Face à l’appareil, j’ai construit une scène sur laquelle les plans se confondent,
l’espace est découpé, difficile à décoder,
quelque chose ne fonctionne pas normalement dans l’image.
Ce mélange de plan amène des problèmes de proportions,
de lumières et de perspectives, comparable à ceux d’un photomontage.
Est-ce possible de créer les effets d’un photomontage numérique
en utilisant uniquement l’espace réel?
Voilà ma motivation première.
La possibilité technique de créer un effet propre à notre époque,
mais bien avant la création du photomontage.
Si une telle image n’a pas pue être créée avant,
c’est donc pour une raison autre que technique.
“Chaque période a un potentiel de possibilités qui lui appartiennent en propre
et qu’elle ne saurait dépasser.”



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